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Etienne Courbin

La biographie d'Etienne Courbin

Chapitre X - Anecdotes
Le sanglier de Mansanet

(Eveline Courbin)

Ce que je vais vous raconter maintenant est beaucoup moins drôle mais c'est une histoire peu commune. Un jour, nous décidions mes amis, Eugène Bonnet, Michel Masanet appelé Michalet par les intimes et moi, d'aller à la chasse aux sangliers du côté de Prévost-Paradol. Michalet était un fou de la chasse aux sangliers, elle faisait partie intégrale de sa vie. Il passait la plupart de son temps à les traquer. Il connaissait tout sur ces bêtes et leurs réactions, mieux que quiconque.

La battue commençait, un sanglier sortait directement à mon poste. Je le tirais 2 coups, il tombait aussitôt dans le lentisque près de moi et j'attendais la fin de la battue pour aller le voir. Lorsque la battue fut terminée, Michalet nous fit signe de venir le rejoindre et Eugène et moi prenions la voiture pour arriver à sa hauteur.

- "Le sanglier que tu as tiré, tu crois qu'il est mort me disait-il?"

- "Oui, il est tombé dans le lentisque, je vais aller le chercher."

- "Ne te fatigue pas, il s'est relevé, il n'est que blessé il est parti de ce côté, les chiens sont derrière lui, écoute."

Sanglier au ferme

Effectivement on entendait les chiens aboyer au loin. Michalet montait en voiture avec nous et nous nous dirigions vers ces aboiements de plus en plus perceptibles. Avant de monter en voiture, nous déchargions le fusil, du moins la balle logée dans le canon et nous le mettions sur le cran de sûreté. C'était une règle générale afin d'éviter tout accident stupide. Soudain, nous entendions les chiens aboyer tout près et d'une façon beaucoup plus féroce. Le sanglier n'était pas loin.

Michalet me demandait de stopper la voiture, il descendait rapidement et se dirigeait presqu'en courant vers la direction des chiens. Avant qu'Eugène et moi sortions de voiture, il avait trouvé le sanglier devenu furieux. Il tirait un coup, pan! Nous entendions crier, nous nous précipitions vers lui et qu'est-ce que nous voyions, le sanglier qui chargeait Michalet. Je tirais presque au moment où il atteignait Michalet. Le sanglier accusait le coup une fois de plus mais ne tombait toujours pas. Sa vigueur était néanmoins diminuée en arrivant sur Michalet qui s'accrochait à lui. A présent, il était à cheval sur le sanglier mais que vois-je? Le sang coulait le long de la jambe de mon ami qui se tenait toujours agrippé très fort au sanglier. Je m'approchais, tirais brutalement Michalet en arrière et tuais le sanglier d'une balle en pleine tête. Avant de lui demander ce qui s'était passé, je regardais sa plaie. Le sanglier lui avait coupé l'artère fémorale et le sang giclait. Il fallait agir très vite et nous étions loin des premiers secours.

Etienne Courbin et Eugène Bonnet

Pendant qu'Eugène chargeait le sanglier dans la malle et ramassait les fusils, j'enlevais ma cravate et lui faisais un garrot. Heureusement, j'avais dans la boite à pharmacie de la voiture, une ampoule de vitamine K, pour la coagulation du sang. Je cassais l'ampoule et la faisais boire à mon ami. En voiture, Michalet nous racontait l'incident. Il a tiré sur le sanglier qui tombait mais qui se relevait aussitôt et Michalet sut à ce moment précis que le sanglier allait le charger. Il épaulait son fusil et le laissait approcher et quand il voulut le tirer, le coup n'est pas parti. Dans sa précipitation, il avait oublié d'enlever le cran de sûreté du fusil. C'est alors que le sanglier se ruait sur lui, tête basse et défenses en avant. Il déséquilibrait Michalet qui perdait son fusil sous le choc. J'arrivais juste au moment où le sanglier le chargeait pour la deuxième fois.

Nous étions en plein milieu d'une forêt et le premier village était encore loin. Arrivé à Inkerman le docteur me certifiait ne rien pouvoir faire de plus pour lui, que ce que j'avais déjà fait. Il prévenait seulement l'hôpital de Relizane de notre arrivée de manière à ce que le médecin nous reçoive en urgence. Relizane était à une demi-heure de route d'Inkerman. Je n'étais pas sûr d'arriver à temps, il fallait rouler très vite, accélérateur à fond. A l'hôpital, une équipe nous attendait et Michalet cliniquement mort fut transporté aussitôt en salle d'opération et ranimé par massages cardiaques. Nous étions si inquiets Eugène et moi, les minutes nous semblaient être des heures. Le chirurgien sortait enfin nous dire qu'il était hors de danger et que mes premiers secours lui avaient sauvé la vie. Il me demandait si j'étais médecin également et fut étonné de ma réponse. Je lui racontais qu'ayant eu des problèmes cardiaques importants, j'avais toujours avec moi, de la vitamine K. Le chirurgien me félicitait pour mon sang froid. Michalet reprenait des couleurs mais devait rester à l'hôpital en observation. En arrivant au Sig, nous allions en premier lieu prévenir sa femme. Le lendemain, Madame Masanet venait avec moi le voir à l'hôpital de Relizane où il a du séjourner 15 jours avant de pouvoir rentrer à Saint Denis du Sig.

Croyez-vous qu'il fût guéri de la chasse aux sangliers? Pas du tout, dès qu'il le pût, environ 15 jours après sa sortie de l'hôpital, il y retournait avec des béquilles. Nous avions tous eu plus ou moins des accidents de chasse aux sangliers, pas aussi importants, je l'avoue, mais c'était le virus de la chasse. Il nous fallait aller traquer les sangliers. Même après l'indépendance de l'Algérie, alors qu'il avait quitté le pays, on le voyait arrivé le vendredi avec sa 2cv. Les cannes à pêche sur la galerie, pour tromper l'ennemi. Il traversait la forêt à notre rencontre car il savait très bien où nous nous trouvions le vendredi. Il descendait de voiture et sans gêner la battue prenait son poste, alors qu'il venait de traverser l'Espagne et une partie du Maroc, mais à l'écoute d'une battue, il oubliait sa fatigue. A la maison, il avait le gîte et le couvert. Il y venait, certes, mais souvent, il préférait passer la nuit parmi les sangliers. Sacré Michalet!

Une journée de chasse à TachetaRepas de chasse en famille

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